Décembre 2025 : Fed, baisse-t-elle les taux ? Analyse anticipée

La Banque d’Angleterre a réduit ses taux directeurs avant la Réserve fédérale américaine, en dépit d’indicateurs macroéconomiques divergents entre les deux économies. La Fed, traditionnellement prudente face à l’inflation persistante, a pourtant surpris les marchés en décembre 2025 par une baisse de ses taux, rompant avec une période prolongée de stabilité monétaire.

Entre désynchronisation des cycles économiques et pressions sur les devises, cette coordination partielle soulève des interrogations sur la trajectoire des grandes banques centrales et leurs marges de manœuvre face au ralentissement global.

Décembre 2025 : la Fed et la Banque d’Angleterre amorcent un tournant monétaire

Décembre 2025 aura marqué un point d’inflexion : la banque centrale américaine et la banque d’Angleterre ont coupé court à la monotonie des mois précédents. Après une longue phase d’attente, les deux institutions ont abaissé leurs taux directeurs, signalant la fin d’une prudence qui avait dominé depuis les chocs inflationnistes. Du côté de la Fed, le comité de politique monétaire s’est résolu à agir. Les chiffres économiques peinaient à convaincre, la croissance s’essoufflait, et les débats ont été houleux. Le message, lui, ne laisse pas de place au doute : la politique de resserrement touche à son terme.

Au Royaume-Uni, le contexte diffère. La banque d’Angleterre a réagi face à une demande intérieure qui ne parvient pas à repartir et à un marché du travail en berne. Même si l’inflation reste au-dessus des objectifs, la crainte d’un recul de l’économie a pris le pas, poussant la banque à agir pour la première fois depuis deux ans. Les taux directeurs britanniques suivent désormais la dynamique américaine, mais les différences entre les deux économies restent évidentes.

Repères sur les taux des banques centrales en décembre 2025

Voici les mesures prises par la Fed et la Banque d’Angleterre :

  • Fed taux directeur : réduction de 25 points de base, première baisse depuis le printemps 2023
  • Banque d’Angleterre taux : baisse de 0,25 %, décision prise à une courte majorité du comité

Cette détente monétaire a immédiatement fait réagir les marchés : les actifs à risque ont grimpé, reflet d’attentes renouvelées d’une politique plus souple. La banque centrale américaine n’écarte pas d’autres ajustements, ce qui nourrit la spéculation. Mais cette synchronisation incomplète entre la Fed et la banque d’Angleterre interroge : jusqu’où ira la convergence, dans un contexte international où les devises et la stabilité financière restent fragiles ?

Quelles raisons ont poussé les banques centrales à baisser leurs taux ?

L’économie américaine et celle du Royaume-Uni envoient un même signal : la reprise post-Covid faiblit. La banque centrale américaine observe le marché du travail se tasser, avec moins de créations d’emplois et une légère montée du chômage. Les salaires stagnent, loin de la dynamique de 2023. Les ménages hésitent à investir, la consommation ralentit.

Côté inflation, la tendance s’inverse de manière nette. Après deux années de pressions, la hausse des prix s’atténue franchement. Aux États-Unis, elle se situe désormais autour de 2,6 %, proche de l’objectif officiel. Le Royaume-Uni commence lui aussi à voir l’inflation refluer, même si les stigmates restent présents. Pour les banques centrales, la priorité n’est plus de contenir l’inflation, mais bien de soutenir la dynamique économique.

L’adaptation de la politique monétaire s’impose presque naturellement. Abaisser les taux directeurs devient le levier pour éviter la stagnation prolongée. À Washington comme à Londres, le comité de politique monétaire opte pour une détente afin d’encourager l’investissement et faciliter l’accès au crédit. Cette décision, loin d’être improvisée, s’appuie sur une analyse approfondie d’indicateurs économiques passés au crible. Du côté des marchés, chacun guette la moindre inflexion dans les discours officiels, anticipant déjà d’éventuelles nouvelles baisses.

Conséquences économiques : marchés, inflation et crédit sous la loupe

La détente initiée par la Fed et la banque d’Angleterre s’est aussitôt répercutée sur les marchés financiers. Les investisseurs, longtemps dans l’expectative, saluent l’ouverture d’une nouvelle phase. Les indices boursiers progressent, portés par la perspective d’une relance du crédit et d’une embellie des conditions de financement. Les banques, en particulier, voient leur valeur croître à la faveur d’une demande de prêts en hausse.

Sur le front des devises, la réaction est plus nuancée. L’euro s’apprécie face au dollar, du fait d’un écart de taux réduit entre les deux zones. Pour les entreprises endettées, la baisse du coût des financements à court terme offre un répit. Les marchés obligataires ne sont pas en reste : les taux des obligations d’État américaines à dix ans reculent, signe d’un regain de confiance dans l’équilibre économique.

La question de l’inflation demeure cependant. Bien que la détente monétaire pourrait, à terme, réactiver la hausse des prix, la plupart des prévisions tablent sur un rythme modéré. Les économistes surveillent de près la manière dont la politique monétaire se diffuse dans l’économie réelle : les crédits aux particuliers redeviennent plus accessibles, l’emprunt immobilier se démocratise, et l’investissement reprend. Les équipes des deux banques centrales restent à l’affût du moindre signal. Leur défi : accompagner la croissance sans attiser à nouveau les tensions sur les prix.

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Vers de nouvelles baisses ou un statu quo en 2026 ? Les scénarios envisagés

Le débat sur la trajectoire future des taux directeurs s’impose déjà au sein du comité de politique monétaire. La fed, menée par jerome powell, avance prudemment, alors que l’année 2026 s’annonce chargée sur le plan politique avec une présidentielle américaine sous haute tension. Les ambitions de donald trump et les débats autour de la cour suprême influencent les anticipations des marchés.

Chaque intervention des responsables fed est scrutée de près. Lisa Cook, voix reconnue à la banque centrale américaine, multiplie les appels à la vigilance. Stephen Miran, quant à lui, défend une approche pragmatique face aux incertitudes persistantes. À cela s’ajoute une donne institutionnelle mouvante : le mandat de jerome powell arrive à échéance, et la nomination de Kevin Hassett, proche de donald trump, suscite bien des spéculations.

Deux perspectives principales se dessinent pour la suite :

  • Le maintien des taux si l’inflation ne recule pas suffisamment ou si le contexte géopolitique reste tendu.
  • Des baisses supplémentaires et ciblées, si la croissance cale ou si le marché de l’emploi donne des signes d’essoufflement.

La fed cultive la flexibilité. Entre prudence institutionnelle et pressions politiques, chaque choix engage la réputation de la banque centrale. Les investisseurs l’ont bien compris : désormais, le moindre signal venu de Washington peut bouleverser la donne, bien au-delà des seuls chiffres économiques.

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