L’accès à l’assainissement menacé : quelles actions concrètes de la France ?

Le 19 novembre dernier était célébrée la journée mondiale des toilettes. Cependant, le problème de l’accès à celles-ci reste entier dans le monde. En effet, plus d’un tiers de la population mondiale n’aurait pas accès à l’assainissement. Une situation problématique à laquelle tente de remédier la communauté internationale. Il faut dire que la problématique de l’assainissement a longtemps été négligée dans le monde, mais est devenue aujourd’hui un des enjeux majeurs du développement.

D’ailleurs, les Nations Unies ont reconnu le droit à l’accès à l’eau potable comme un droit de l’Homme.

Une situation inconcevable

L’accès à l’assainissement, en particulier dans les pays en développement, demeure un scandale silencieux. Impossible d’ignorer l’impact sur la santé publique, la scolarité ou la dignité. Le constat est sans appel : sans toilettes, impossible de garantir un environnement sûr et équitable pour tous. Le déficit d’aide internationale, régulièrement pointé du doigt par les acteurs du secteur, pèse lourdement sur les progrès attendus. La France, souvent citée comme pilier historique en matière d’eau et d’environnement, laisse pourtant apparaître des failles dans ses engagements récents. Il suffit de regarder le volume des dons réellement alloués pour saisir l’ampleur du décalage entre discours et actes.

Le dispositif français d’aide publique au développement affiche un déséquilibre frappant : les prêts dominent largement sur les dons dans le financement des infrastructures d’assainissement. Concrètement, sur les 500 millions d’euros annoncés pour ce secteur, 87% sont distribués sous forme de prêts.

Ce choix du prêt n’est pas anodin. Il exclut de fait les États les plus vulnérables, dont la capacité d’emprunt est quasi inexistante. La conséquence est implacable : l’aide se concentre là où les remboursements sont possibles, délaissant ceux qui en ont le plus besoin. L’assainissement, pourtant fondamental, devient alors une question de solvabilité plus que de solidarité.

Le secteur social : loin d’être un business rentable

Pour la majorité des bailleurs de fonds, l’assainissement et la santé publique ne génèrent pas de profits immédiats. Trop souvent, les investissements dans l’environnement sont jugés peu attractifs. Résultat : la mobilisation financière reste timide. Dans de nombreux pays, l’idée même de payer pour des infrastructures sanitaires se heurte à l’incompréhension. Beaucoup de ménages ignorent l’impact d’un accès décent aux toilettes, et hésitent à consacrer une partie de leur budget à ce poste. Sans prise de conscience collective, les projets stagnent et les progrès s’essoufflent.

Les bénéfices d’un assainissement flygt de qualité ne peuvent se matérialiser que si chacun, à l’échelle locale comme nationale, s’implique durablement. L’expérience montre que les solutions techniques ne suffisent jamais : il faut aussi un engagement politique, un accompagnement social, et une volonté réelle de changer les habitudes. Tant que l’assainissement sera considéré comme un luxe ou une charge, la route vers l’accès universel restera semée d’embûches.

Rien n’impose que la France se contente d’un rôle d’observateur. À l’heure où les promesses s’amoncellent et où les chiffres témoignent d’un déséquilibre criant, la question reste entière : combien de temps faudra-t-il encore pour que l’assainissement ne soit plus un privilège, mais une réalité partagée ?

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